Collection Cahiers du CIEQ
Sous la direction de Richard Marcoux
en collaboration avec Jennifer Dion

Presses de l'Université Laval (PUL), 2009

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Comprend la Déclaration de
Québec sur la sauvegarde
et la mise en valeur des
recensements africains

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« Je salue la sortie de l'ouvrage Mémoires et démographie. Regards croisés Sud et au Nord, et je voudrais à cette occasion partager les motifs de la satisfaction que j'éprouve devant cet événement. Tout d'abord, je voudrais rappeler que cette publication voit le jour alors que le Réseau Dydés (Dynamiques démographiques et Sociétés, nouvelle appellation du Réseau Démographie) va fêter ses 20 ans. C'est en effet le 4 avril 1990 que s'est tenue l'assemblée constitutive du Réseau. Ce n'est pas le lieu ici de dresser un bilan de ses activités, je souhaite seulement souligner trois points : d'abord, s'il a pu vraiment fonctionner en “réseau”, c'est parce qu'il s'est appuyé sur la communauté des démographes francophones qui y a trouvé un moyen privilégié d'animation ; ensuite, et en liaison avec ce qui précède, les Journées scientifiques du Réseau ont toujours été des moments forts de convivialité, et les Journées de Québec en font partie ; enfin, et c'est suffisamment rare pour que cela soit relevé, le passage de témoin entre les trois coordonnateurs successifs s'est réalisé dans des conditions exemplaires. Il y a là sans aucun doute des raisons majeures qui expliquent la longévité et le succès de ce Réseau. Ce petit rappel historique me permet d'enchaîner naturellement sur notre ouvrage, Mémoires et démographie. Car ce thème nous permet de revenir aux fondamentaux, et notamment à la prise en compte du temps long, caractéristique essentielle des études de population. Il me semble important d'insister sur cet aspect car on voit trop souvent des travaux très “pointus” disséquer dans tous les sens avec des méthodes d'analyse très sophistiquées des données récentes sans prendre le recul nécessaire et sans chercher à inscrire les évolutions étudiées dans les transformations des sociétés. Un proverbe Soninke dit “Ce que la vache a mangé, c'est cela que tête la génisse”. En ce sens, chercheur retraité faisant partie d'une génération qui commence à être perçue comme celle des dinosaures ainsi que je l'avais dit à Québec, je suis heureux que le Réseau ait mis l'accent sur cette question à laquelle je pense que les jeunes générations sont moins sensibles que les plus anciennes. Cette question revient d'ailleurs heureusement en force à l'ordre du jour avec une sensibilisation progressive et croissante à la sauvegarde du “patrimoine démographique”, dont on mesure toute l'importance dans l'ouvrage. Concernant l'Afrique, dont plusieurs chapitres traitent, il peut paraître stupéfiant que les efforts (y compris financiers) consacrés à la collecte des données de base n'aient pas été suivis d'efforts équivalents pour leur sauvegarde. Le résultat de cette lacune est qu'aujourd'hui, il n'est pas toujours simple, et il est même parfois impossible, de se procurer les résultats d'opérations démographiques réalisées il y a seulement 25 ou 30 ans ! Je dois constater d'ailleurs que, personnellement, je suis sensibilisé depuis quelques années à ma généalogie, à mon histoire familiale, à la sauvegarde de mes archives professionnelles, etc. Un effet d'âge sans aucun doute ! Mais à côté de cette dimension personnelle, une des retombées de la réflexion sur “mémoire et démographie” a été, en ce qui me concerne, mon implication avec Françoise Gubry dans un projet d'inventaire des recensements et enquêtes démographiques en Afrique (IREDA), suite directe de la Déclaration et des Journées de Québec. L'objectif d'IREDA est de produire une description synthétique de chacune des opérations démographiques nationales africaines (plus de 600 enquêtes et recensements) passées et présentes, d’informer sur les ressources existantes (documents techniques, rapports officiels, production secondaire faite par les chercheurs) et d’en favoriser l’accès. Ce “travail de mémoire”, comme l'appelle Richard Marcoux dans son introduction à l'ouvrage, est urgent en Afrique où le patrimoine démographique est particulièrement menacé. »

Francis Gendreau, Démographe et 1er coordonnateur, Réseau démographie de l’AUF