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Sous la direction de Richard Marcoux en collaboration avec Jennifer Dion Presses de l'Université Laval (PUL), 2009 |
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Comprend la Déclaration de |
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« En juin 2007, le colloque de Québec fut pour moi un ravissement, et c’est un mot que je ne galvauderais pas en en usant pour qualifier beaucoup d’autres rencontres. Après un accueil personnalisé de chaque participant extérieur à l’aéroport et la découverte de la plus charmeuse des villes nord-américaines, la double rencontre des chercheurs du Sud et du Nord, des démographes et historien-démographes a été marquée par un esprit d’ouverture, une dynamique collective qui n’est pas courante. Si en démographie, spécialistes du passé et du présent, voire du futur, se retrouvent souvent autour de l’étude de la transition démographique, c’est le travail de mémoire qui nous a réuni sur les bords du Saint-Laurent : mémoire de la discipline démographique, mémoire collective des populations, ou celle des familles et des individus ; et aussi le patrimoine si fragile qui fonde les études de populations, soit les recensements, registres et autres enquêtes, manuscrits ou imprimés, sur de vieux papiers tordus ou sur des supports informatiques ultramodernes. L’ensemble exprime les racines, et donc rien moins que l’identité d’une discipline comme celles des êtres et groupes humains. L’ouvrage issu des 7èmes Journées scientifiques du réseau Démographie et sociétés de l’AUF, produit par Richard Marcoux avec le soutien de Jennifer Dion, offre le meilleur d’une démographie qui, aujourd’hui, marie aux réflexions techniques toujours essentielles des analyses de fond qui confrontent histoire et mémoires, chiffres et représentations, une démographie qui creuse cette articulation des temps historique, familial et individuel dans laquelle se bâtissent des dynamiques singulières. Avec des contributions sur la France, la Suisse et la Belgique, bien sûr sur le Québec-Canada, avec l’immense Asie à peine approchée à travers le Cambodge et le Viêt-Nam, mais surtout avec une Afrique à sa juste place, représentée par l’Egypte, l’Algérie, la Mauritanie, le Tchad, le Sénégal, le Burkina Faso, la République démocratique du Congo et Madagascar, Mémoires et démographie exprime une francophonie vibrante ! Une francophonie sans complexe dont les chercheurs n’ont d’ailleurs pas peur d’étudier aussi l’ensemble de l’Europe, les pays de l’ex-bloc soviétique, l’Inde ou l’Afrique du Sud. Le livre publié par les Presses de l’Université Laval reprend également la Déclaration de Québec sur la sauvegarde et la mise en valeur des recensements africains. En effet, la réunion de juin 2007 fut assez réaliste pour faire ressortir le fossé croissant entre le Nord et le Sud dans la préservation et la valorisation du patrimoine démographique. Mais elle fut aussi assez constructive pour passer du constat à l’action. À travers l’ouvrage Mémoire et démographie, je ne peux qu’encourager les lecteurs à retrouver l’esprit d’une rencontre authentique, une de celle dont on sort intellectuellement moins bête et humainement plus riche !. »
Michel Ori, Professeur, Département d'histoire économique, Université de Genève, Suisse |